Rien à voir avec la choucroute...
Par La Sorcière, jeudi 28 septembre 2006 | Rubrique: Fourre-tout | 11 commentaires
Mais pourquoi pas une petite anecdote à chaud, comme ça, genre malife.com, histoire de dire que parfois, être une fille, c'est chouette, et que si ce matin, je n'avais pas été sur mon 31 (et même thank god sur mon 312) pour aller au boulot, je serais à cet instant précis officiellement délestée de 135 euros ?
(C'est la pauvre Sixtine, enfermée chez elle, aux prises avec un serrurier suceur de sang, qui m'a inspiré ce grand déballage de ma vie privée et de mes démêlés avec la justice... )
135 euros, donc. Le prix de ? D'une amende, figurez-vous. Alors à votre avis, quel délit a commis la Sorcière ? Non, je n'ai agressé personne, ni pissé sur le trottoir, ni dégradé quelque bâtiment malgré l'éternelle tentation de la vie citadine. Non, j'ai honteusement omis de poser pied à terre devant un feu rouge, un feu rouge presque vert, d'ailleurs. Tellement presque vert que trente centimètres après que j'eus grillé le sacrosaint sémaphore, il ETAIT vert. Je le savais, je le connais par coeur, ce feu, et je voulais surtout éviter de me faire pousser au cul par des automobilistes impatients (et probablement assoiffés de sang, d'ailleurs).
Sans remords aucun je poursuis mon petit bonhomme de chemin. Jusqu'au moment où la police montée m'a rattrapée. Oui, vous lisez bien, la police montée. Ces fourbes vélocipédistes qui fondent sur vous au moindre impair. Me voilà faite comme un rat, aux prises avec... avec... oh my god... Environ 35 ans, brun, l'oeil bleu sévère mais derrière lequel on sent le bon gars... Agah, agah... Ca y est, j'ai six ans et demi...
Evidemment, l'autorité policière commence à me débiter son chapelet moralisateur, brandit le carnet tant redouté, évoque les 135 euros (je manque de fondre en larmes), à grand peine, je reste digne tout en me disant qu'il existe probablement un moyen d'échapper à la saignée. Eh bien même pas la peine de dégainer l'oeil de biche, dites donc ! Ce grand couillon a marché tout seul, sans même que j'aie besoin de recourir à la plus vieille ruse du monde...
Lui : "Ah tout de même mademoiselle, ce n'est pas l'exemple que vous voulez donner aux enfants !"
Moi : "Euh, non, bien sûr, mais vous savez, les automobilistes..."
Lui : "Vous avez des enfants, mademoiselle ? Non bien sûr, vous êtes trop jeune pour ça... uhuhuh !"
Moi : "Eh bien, pas tant que ça, en fait, hihihi..."
Lui : "En tous cas vous faites toute jeune !" (j'y crois pas, l'oeil bleu s'attendrit, ce con ME DRAGUE !)
Moi : "Arf, merci c'est gentil !" (et les 135 euros, alors ?)
Lui : "Bon, je vous fais grâce des 135 euros pour cette fois. Vous faites quoi dans la vie ?" (gné ?)
Moi : "Ben euh, je deale, pourquoi ?"
Lui : "Ah, et vous êtes un peu en retard, j'imagine ?"
Moi : "Ouais, vous pensez bien."
Lui : "Bon, ça va pour cette fois, hein ?"
Moi (oeil de biche pour le conforter dans sa toute puissance masculine, ce brave) : "Merciiiii !"
J'enfourche Ernesto, je donne deux coups de pédale...
Lui : "Et les trottoirs, c'est pour les piétons !"
Moi : "Comment vous voulez que je fauche des mémés si je roule sur la route ?!?" *pédale pédale*
Uh uh uh !
Moralité, les filles, si vous voulez griller des feux à vélo, arrangez-vous pour avoir vidé votre tube de glosskibrille et usé voire surabusé du mascara. Franchement, ça peut valoir la peine.
Et maintenant, vous avez intérêt à savourer chaque note parce que ce sera peut-être la dernière. Si j'arrête de rouler sur les trottoirs et d'anticiper les feux verts, il ne me reste sans doute que quelques jours à vivre. Ainsi soit-il.





